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Bourse: tout comprendre sur le fonctionnement du dividende


Publié le 08 janvier 2019

L'investissement actions est souvent lié à la problématique du dividende. Si le sujet semble bien connu du grand public connaissez-vous pour autant tout ce qu'il faut savoir sur ces fameux coupons ? Pour devenir incollable sur le dividende, découvrez dans cet article ce qu'est un dividende, quel est l'impact du détachement du coupon sur le cours de Bourse des actions, comment calculer un dividende et quelle est sa fiscalité.

Qu'est-ce qu'un dividende ?

Le dividende est une quote-part des bénéfices d'une société destinée à être distribuée aux actionnaires sous forme de coupons. Son versement (ou non) et son montant sont votés lors de l'assemblée générale.

Il peut être de nature régulière ou exceptionnelle, comme suite à la vente d'actifs par la société par exemple.

Sa fréquence de distribution est généralement annuelle, mais il peut aussi être versé à fréquence biannuelle, trimestrielle, voire mensuelle. Cette situation est toutefois plutôt rare en Europe et davantage répandue chez les foncières cotées américaines et canadiennes.

Le dividende est généralement versé en cash : l'actionnaire verra apparaître une ligne créditrice sur son compte-titres ou son PEA, égale au montant du dividende versé multiplié par le nombre d'actions détenues.

Certaines sociétés proposent l'option du paiement du dividende en actions nouvelles. Dans ce cas, l'actionnaire reçoit une quantité d'actions nouvelles équivalente au dividende en cash, mais il ne recevra pas d'argent.

Comment calculer le rendement du dividende ?

Le rendement du dividende se calcule de deux manières :
-    Si l'investisseur possède déjà ses actions : montant du dividende par action divisé par le Prix de Revient Unitaire (PRU).
-    Si l'investisseur ne possède pas ses actions : montant du dividende par action divisé par le cours de bourse de l'action.
Exemple : les actions de la société A présentent un dividende annuel de 2,10 € et le cours de bourse des actions de la société A est de 54 €. Le rendement du dividende se calcule comme suit :
2,10 € (montant du dividende annuel) / 54 € (cours de l'action) = 3,89 %
Admettons maintenant que, l'investisseur ait acquis des actions de la société A à plusieurs reprises dans le passé, à différents cours, son compte-titres ou PEA lui indiquera un PRU (Prix de Revient Unitaire) correspondant à la moyenne pondérée de ses cours d'achats déduits de ses frais d'acquisitions.
Prenons l'exemple suivant : notre investisseur acquiert 200 actions de la société A en 2015 au cours de bourse de 59 €, incluant 9,50 € de frais de transaction. Plus tard, en 2017, il acquiert 250 autres actions pour 46 € incluant 17 € de frais de transaction.

Calcul du PRU :
Coût d'acquisition de l'achat de 2015 : (200 actions X 59 €) + 9,50 € de frais = 11 809,50 €
Coût d'acquisition de l'achat de 2017 : (250 actions X 46 €) + 17 € de frais = 11 517,00 €
Coût global : (11 809,50 € + 11 517,00 €) = 23 326,50 €
PRU : 23 326,50 € / 450 (nombre total d'actions) = 51,84 € par action
Dans notre exemple ci-dessus, la société A verse 2,10 € de dividende annuel, le rendement de l'investisseur est donc de 4,05 % (2,10 € / 51,84 €)
Versement du dividende : quel impact sur le cours des actions ?

Il existe une règle générale lors du versement du dividende : son montant est systématiquement soustrait du cours d'ouverture du jour de son versement.

Reprenons notre exemple de la société A ayant versé son dividende le 15 août 2018 pour 2,10 € par  action. Admettons que le cours de l'action A ait clôturé à 54 € le 14 août 2018. Le lendemain, au 15 août, l'action ouvrira à 51,90 €.

L'idée d'un investisseur « débutant » souhaitant réaliser un gain rapide en achetant ses actions la veille du versement du dividende pour les revendre le surlendemain semble donc strictement inutile étant donné que la valeur du coupon est toujours déduite du cours de l'action. L'opération de détachement du coupon (paiement du dividende aux actionnaires) semble donc à première vue neutre pour l'actionnaire !

Cependant, ce n'est pas tout à fait vrai, notamment sur le plan fiscal. En effet, la date de détachement du coupon sera considérée comme un fait générateur d'imposition.


Fiscalité du dividende

La nouvelle loi de finance 2018 a eu le mérite de simplifier les choses.

Auparavant, entre 2012 et 2016, l'imposition des revenus du capital était soumise à 15,50 % de prélèvements sociaux auxquels s'ajoutait une imposition au barème de l'impôt sur le revenu. Les hauts revenus pouvaient ainsi être taxés à plus de 60 %.

L'instauration de la flat tax permet à tout investisseur, quels que soient ses niveaux de revenus, d'être taxé à un taux fixe de 30 % (comprenant 17,20 % de prélèvements sociaux + 12,8 % d'imposition), pour l'ensemble de ses revenus du capital (plus-values sur actions et perception de dividendes notamment).

Cette imposition au prélèvement forfaitaire universelle est optionnelle. L'imposition au barème de l'impôt sur le revenu est en effet toujours possible. Le choix de l'option dépendra avant tout des revenus du foyer fiscal. Notez que l'imposition au barème de l'impôt sur le revenu permet de bénéficier d'un abattement systématique de 40 % sur la perception des dividendes. Elle est de ce fait globalement avantageuse pour les petits revenus.

Part des bénéfices reversé aux actionnaires, le dividende est l'objet de nombreux fantasmes et d'une littérature abondante sur le sujet. Bien plus que le symbole de l'avidité des actionnaires dont la presse se fait souvent l'écho, il est l'un des rouages du fonctionnement d'une entreprise. C'est d'ailleurs l'entreprise qui choisit ou non de verser le précieux coupon selon une stratégie interne qui peut par exemple privilégier un réinvestissement des bénéfices pour financer le développement de son offre ou son internationalisation.

Louis Yang (Café de la Bourse)